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Le biais des coûts irrécupérables : pourquoi on persiste dans des projets voués à l'échec

Financer un projet à la dérive est un classique des défaillances organisationnelles. Aversion à la perte, dissonance cognitive, escalade d'engagement : comprendre le biais et se donner les moyens d'arrêter à temps. · 1 octobre 2026 · 7 min de lecture

Un biais très bien documenté

Le biais des coûts irrécupérables (sunk cost fallacy) consiste à poursuivre une action parce qu'on y a déjà investi du temps, de l'argent ou de l'énergie, alors que seuls les coûts et bénéfices à venir devraient compter. Arkes et Blumer (1985) l'ont montré dans une expérience devenue classique : des spectateurs ayant payé plein tarif leur abonnement de théâtre assistaient à plus de représentations que ceux qui avaient bénéficié d'une réduction tirée au sort, à intérêt égal pour les pièces.

Trois mécanismes à l'œuvre

L'aversion à la perte

Selon la théorie des perspectives (Kahneman & Tversky, 1979), les pertes pèsent psychologiquement environ deux fois plus que des gains équivalents (Tversky & Kahneman, 1991). Abandonner un projet revient à acter une perte (d'argent, de temps, de prestige) : on préfère alors reprendre un risque supplémentaire.

La dissonance cognitive

Reconnaître l'échec d'un projet entre en conflit avec l'image d'un décideur compétent (Festinger, 1957). Pour réduire ce malaise, on se persuade que « le succès est au bout du tunnel ».

L'escalade d'engagement

Staw (1976) a montré que les décideurs qui se sentent responsables d'un mauvais choix investissent davantage dans la même direction, plutôt que de la remettre en cause.

Deux cavaliers d'échecs face à face, symbole d'une décision stratégique
Deux cavaliers d'échecs face à face, symbole d'une décision stratégique

Les dispositifs de neutralisation

Précision utile : ignorer les coûts passés ne veut pas dire abandonner à la première difficulté. Il s'agit de décider d'après ce qu'il reste à gagner et à dépenser.

Dans FluidOps

Notez vos critères d'arrêt dans votre espace projet, puis comparez-les aux faits : les analytics montrent l'avancement, la charge de l'équipe et les tâches bloquées, et le Gantt les écarts d'échéance. Décider avec des chiffres sous les yeux limite la part de l'émotion.

Sources

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